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Une RCH... et après ?

Mon corps et moi

15 Octobre 2013 , Rédigé par Une rch...et après ? Publié dans #Réflexions autour du corps, #Chirurgie

Mon corps et moi

Très sportive avant tout ça (et j‘espère bien qu’après aussi), mon corps était un outil, que je maitrisais, que j'entrainais, que je malmenais parfois en lui en demandant trop mais que je connaissais par cœur. J’essayais de le nourrir à peu près sainement, le mettais au repos quand il était douloureux, j'essayais d'étirer ces muscles... En échange, on faisait de super trucs ensembles… Je connaissais ses limites, je jouais avec, les frôlais, les dépassais… un peu trop parfois... Je ne m’étais jamais trop posé la question mais je crois que tous les deux, on s’aimait bien, on formait une bonne équipe, on avait des projets.

Avec tous ces bouleversements, la fatigue, la perte de poids, les soins, les opérations et surtout les douleurs... je me suis mise à le détester. Pendant plusieurs mois, je l’ai rejeté. Et ça a été utile à certains moments, même vital je crois... En même temps, ce corps ne semblait plus m’appartenir... Le corps médical, invité par la maladie, y avait pris ces quartiers sans que j’ai eu mon mot à dire… Adieu pudeur, bonjour douleur ! Je n’arrivais plus à associer mon corps à un quelconque plaisir ; une absence de douleur est devenue quasi jouissive ! Je voulais juste du repos, du calme, de la douceur… qu’il ne se passe rien et c’était parfait ! L’homme de ma vie ne pouvait plus me toucher… mon corps était associé au médical, aux traitements, aux équipements… le toucher, aux soins infirmiers…

Mais quand la densité du médical a commencé à diminuer, il m’a semblé nécessaire de reprendre possession de mon corps. Petit à petit, tout doucement… par des gestes tout simple comme se brosser les cheveux, faire un masque, prendre soin de soi en somme. Mais un soin non soignant, un petit plus non médical, juste pour soi, avec soi. Mettre du positif là où on n’en attendait plus, un peu de légèreté et de superficiel. Se réapproprier ce corps, son corps. Réapprendre à l’écouter. Ne plus le considérer comme un ennemi à qui on en veut mais comme un ami dont il faut prendre soin. Et petit à petit, tout doucement, le plaisir a lui aussi pu reprendre possession de mon corps. Il reste des moments douloureux, très douloureux mais ils ne sont plus seuls maintenant.

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