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Une RCH... et après ?

Brève d'hosto 15 : Sémantique, c'est la panique !

6 Avril 2017 , Rédigé par Une rch... et après ? Publié dans #Brèves d'hosto

Contexte : un peu long mais c'est important pour le croustillant du reste de l'histoire

Nous sommes mardi. Je suis à l'hôpital depuis bientôt 3 semaines (ça commence à faire longuet) pour la mise en place d' une stomie définitive. J'aurais dû sortir samedi mais des douleurs abdominales et de la fièvre vont me retenir une semaine de plus pour traiter le soucis. Très faible ce week-end, j'ai eu besoin d'une transfusion sanguine (je sais, ce n'est rien mais moi ça m'impressionne toujours les poches de sang et tout le protocole de vérif un poil stressant qui va avec). En gros, ce n'est pas la grosse forme.

On a déjà un contexte pas trop mal là, mais ce n'est pas fini.

Jeudi dernier, mon copain s'est fait opérer du poignet à Toulouse. (Deux opérations dans la journée pour lui retirer une plaque qu'il avait dans le poignet. Truc classique. On ouvre, on dévisse, on retire la plaque, on referme. Mais il est reparti avec sa plaque car le chirurgien n'avait pas le bon tournevis. Pas le bon tournevis ni la première fois qu'il a ouvert, ni la seconde... Grrr et pas pour de faux là : un vrai gros GRRRR d'ours fâché). Et depuis, ça ne va pas bien du tout. Hier, après une biologie, il est allé aux urgences car ses reins ne fonctionnaient plus. Ce matin, ils l'ont transféré à Toulouse en urgence pour être pris en charge dans le service de néphrologie-transplantation rénale du Chu.

Pour résumer, je suis hospitalisée à Paris pour une infection et mon copain est hospitalisé à Toulouse pour une insuffisance rénale sévère. Pour le moment, on ne sait pas ce qui lui arrive et surtout si ses reins vont refonctionner ou s'il va avoir besoin d'une greffe. Et moi, je suis coincée ici, sans pouvoir être avec lui.

Fin du contexte - Début de ma Brève (un peu moins brève du coup)

La femme de ménage, celle qui vient presque tous les jours depuis mon arrivée, entre dans ma chambre. D'habitude, je discute toujours un peu avec elle, mais là je n'ai pas la force et elle n'est pas vraiment du genre à me remonter le moral : elle est à bout à cause de son boulot super difficile et se plaint continuellement (ce que je comprends complètement étant données ses conditions de travail, mais aujourd'hui, faites sans moi s'il vous plait ). Du coup, je ne dis rien (à part "Bonjour"... quand même. Même dans les moments difficiles, il faut savoir garder ses bonnes manières). 

Au moment de passer le balai sous la table, elle voit des Dafalgan. Elle part alors dans une tirade ( j'avoue, je n'ai pas tout écouté) :

"Oh, des Dafalgan ! Je ne peux plus les voir en peinture, j'en prends telllllllement... etc...

- Moi non plus, ça ne va pas trop, les reins de mon copain ne fonctionnent plus et il est à l'hôpital (obligée de répondre là, quand même, parce que je trouve ça un peu gonflé de sa part. Certes, elle se bousille la santé au boulot mais elle travaille dans un service de chirurgie digestive, donc pour les gens ici, ce n'est pas la grosse patate non plus...)

- C'est rien ça, les reins, ils les changent maintenant.

-... Euh ...

Quand je vous disais qu'elle n'était pas très forte pour remonter le moral !

- Et puis, vous n'êtes pas loin : les reins, c'est dans le bâtiment juste là.

- Et ben non, lui, il est en service de néphrologie à Toulouse. Du coup, on n'est pas vraiment à coté... il est tout seul quoi...

- Ah... Mais (elle tente tout pour me remonter le moral !), la néphrologie, c'est bien ça... Ca va lui faire du bien... le yoga, la méditation, tout ça.

- Euh... néphrologie, pas ... sophrologie...... "

-------- The end ---------

Alors, elle envoie du lourd cette brève ou pas ?

Epilogue : Cette histoire date maintenant de quelques mois. Je n'aurais jamais pu la raconter avant de connaitre l'épilogue. Mon copain va mieux. Ses reins ont redémarré et tout doucement sa fonction rénale a réaugmenté pour redevenir quasi-normale aujourd'hui. Elle avait raison d'être positive cette dame !

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