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Une RCH... et après ?

Le risque cumulatif d’irradiation dans les scanners abdominaux

20 Mai 2014 , Rédigé par amis de l'afa et des mici Publié dans #actualité des MICI

Cet article est reposté depuis Le blog des amis de l'afa et des MICI.

Un article du @journal d’Hépato-Gastro-Entérologie à lire jusqu’au bout, car s’il alarme compte-tenu de l’utilisation croissante des examens de radiologie digestive pendant la dernière décennie, en particulier pour le scanner abdominal, il convient de dévoiler la conclusion avant de lire l’article : « la probabilité de développer un cancer après irradiation par des examens radiologiques est controversée. En fait, bien qu’il soit logique de penser que toute dose d’irradiation comporte un risque de cancer pour la personne concernée, ce risque demeure très faible ». Toutefois, autant avoir certaine chose en-tête si nos divers médecins proposent des examens répétés ...  AAM

 

L’équipe d’un centre irlandais de référence en Gastroentérologie situé à York vient de publier une étude de l’irradiation reçue par les patients au cours d’examens radiologiques digestifs.


Cette étude souligne le risque théorique de cancer lié à cette irradiation, surtout pour les patients les plus jeunes. Ce risque a d’ailleurs été confirmé chez les Japonais qui ont été exposés à une irradiation massive par la bombe atomique ainsi que  chez les employés de l’industrie nucléaire exposés aux radiations3. L’équipe Irlandaise a conduit une étude rétrospective entre janvier 1999 et janvier 2009 des examens radiologiques chez 2 590 patients ayant des troubles gastro-intestinaux.

 

Le diagnostic porté permettait de classer ces patients en 3 groupes principaux :

 

- maladies intestinales inflammatoires (Crohn et RCH) chez 38 %,

 - autres affections organiques gastrointestinales  chez 4 %,

  - troubles fonctionnels digestifs chez 25 %.


L’irradiation liée aux examens radiologiques digestifs, évaluée en milliSieverts (mSv), était évaluée à : 0,7 pour un ASP, 8 pour un lavement baryté, 8  pour un scanner abdominal, 10 pour un scanner avec coloscopie virtuelle.  La dose cumulative d’irradiation par les examens subis a été calculée pour chaque patient. Il convient de rappeler que d’autres examens radiologiques - Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM) et Ultra Sons - ne s’accompagnent pas d’irradiation.


Au total, 57 % des patients porteurs de troubles digestifs ont été soumis à des examens radiologiques. La  quantité  moyenne d’irradiation en une année à laquelle ont été exposés les patients a augmenté au cours de la période d’étude en passant de 2,2 mSv en 1999-2000 à 3,1 mSv en 2008-2009. La dose d’irradiation moyenne liée au Scanner est celle qui a le plus augmenté en passant de  0,9 mSv pour la première année à 1,8 mSv pour la dernière année de l’étude. L’irradiation cumulative  reçue par les patients atteignait en moyenne 10, 4 mSv. Une dose cumulative supérieure à 50 mSv, potentiellement toxique, concernait 9,7 % des patients. Chez quelques patients (n = 35), la dose cumulative d’irradiation était même supérieure à 100 mSv.


La probabilité de développer un cancer après irradiation par des examens radiologiques est controversée. En fait, bien qu’il soit logique de penser que toute dose d’irradiation comporte un risque de cancer pour la personne concernée, ce risque demeure très faible, même pour les doses cumulatives entre 50 et 100 mSv ce qui correspond à 5 à 10 scanners pour une même personne. Cependant chez certains ces chiffres sont dépassés et au dessus de ce seuil il y a une augmentation linéaire du risque de cancer. La présente étude a confirmé l’utilisation croissante des examens de radiologie digestive pendant la dernière décennie, en particulier pour le scanner abdominal bien qu’il implique une irradiation non négligeable. C’est surtout pour cet examen d’accès facile et de réalisation rapide qu’il convient d’appliquer des règles de modération, bien que les modèles les plus récents irradient moins. Il faut enfin ne pas négliger l’absence d’irradiation dans les examens comme l’IRM.

 

René LAMBERT
Octobre 2012 – 68

 

Références :  Desmond AM, McWilliams S, Maher MM et al. Clin Gastroenterol. Hepatol. 2012;10:259-65

Berland LL Gastroenterol Hepatol 2012;10:216-17

Cardis E, Vrijheid M, Blettner M et al. Radiat. Res. 2007;167:396-416

 

« Les propos exprimés dans les numéros du journal faxé n’engagent que leurs auteurs à l’exclusion de ses annonceurs »

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